Imprévu.
"En Gaspésie, si vous allez, avec la soif de poétiser, vous risquez d'être dix ans r'tard... soingez vot' soif avec du fort"
Mais moi, j'ai toujours préféré une bonne bière aux shooters de fort. Apres une journée passée à guetter les ailerons des baleines, enfin de retour; j'ai décidé, la nuit tombée, de rentrer chez moi. Je suis parti faire mon sac et au petit matin, je suis monté sur la 132, j'ai sorti, dans le froid, mon pouce; et j'ai marché sur cette jolie route qui longe le fleuve-mer. Après une bonne heure, une voiture m'a emmené à Sainte-Anne, puis, assis à la sortie de le ville durant deux heures, j'ai attendu une autre voiture, face aux montagnes des shickshock. La délivrance est venu d'une jeune fille qui n'allait qu'à Cap-Chat mais qui dit m'avoir reconnu. Moi?? Connu jusqu'au fin fond de l'arrière pays gaspésien?? C'était en fait la fille accompagnant, trois semaines plus tôt, dans la voiture de police, celui qui m'avait accueilli à deux heures du matin, dans la rue vide et battue par la neige de Sainte-Anne. Elle s'excusa pour l'agressivité de son collègue et m'expliqua qu'ils avaient tout de même attendu que je monte dans un taxi avant de quitter la ville, cette nuit là.
Enfin, après quelques heures à attendre dans le vent frais de cap-chat, un gros truck m'a embarqué jusqu'à Rimouski. Une fois, là bas, ne connaissant pas les bons spots pour faire du pouce, j'ai décidé de prendre le bus. Là, tout s'est déroulé assez rapidement: contact rapide avec mon père qui me donna tout plein de numéros d'amis à Montréal. Mon bus partait quarante cinq minutes plus tard et le seul wifi disponible était dans un centre commercial. J'ai fini par joindre in-extremis un de ses amis dont la fille proposa de venir me chercher à Montréal dans la nuit. Magique! Plus je m'approchai de la Ville et plus les choses choses semblaient faciles. J'ai grimpé dans ce bus une minute avant son départ et me suis installé devant les clochards célestes jusqu'à Montréal, jetant de temps à autre un coup d'œil à la neige qui se raréfiait à mesure que nous roulions vers le sud.
Apres une bonne nuit, j'ai retrouvé les quelques rues de Montréal quittées il y a six ans. Le soir venu, je suis retourné dans Hochelaga, en passant par la rue Cuviller, et cette nuit un avion m'emmènera vers chez moi: Paris.

